Black Angels « Phosphene Dream » : Tempête sonore et sorcellerie vocale

This is the News #5 : « Can You tell a Wish from a Spell ? »

Histoire de confirmer tout le bien qu’on pense d’eux, les augustes représentants du psychédélisme texan débarquent avec « Phosphene Dream ». Et pour notre plus grand plaisir, les ingrédients de ce troisième album sont les mêmes que sur les deux précédentes fournées: un très très gros son, avec une réverbération omniprésente, une rythmique lourde et lancinante, des guitares magnifiquement ciselées et de la sorcellerie vocale fortement incantatoire.

En revanche, la recette a changé : les Black Angels ont pris le parti de structurer leur propos et d’écrire des titres autour de couplets et de refrains, de ponts et de codas endiablées. Finies les odyssées lourdes et cycliques, terminées les montées en puissance monochromatiques : la tempête sonore vient ici propulser de véritables chansons, parfois très proches d’une écriture pop. Bon, les atmosphères ne sont pas franchement joyeuses et ne risquent pas d’égayer vos cocktails mondains : on parle ici de mauvaises vibrations, de rivières de sang, et on imagine que les membres du groupe regrettent amèrement d’être nés trop tard pour figurer sur la BO d’Apocalypse Now. Mais il est quand même appréciable de voir des texans élargir leur propos et s’autoriser de nouvelles perspectives.

Malgré tout, l’album est encore une fois inégal, les titres magistraux côtoyant des morceaux sans réelle saveur. Et peu importe que l’album soit une réussite dans sa grande majorité : on reste sur sa faim, et on attend encore, avec une impatience manifeste, l’album qui nous ferait frémir d’un bout à l’autre. A bon entendeur…

Le titre qui fait plaisir :

« Yellow Elevator #2″, chanson à tiroirs menée de main de maître dont les évolutions sont absolument fabuleuses.

La chanson que les Beach Boys auraient pu écrire :

« Haunting at 1300 McKinley », chanson pop avec une mélodie que les garçons de la plage n’auraient pas renié.

Le ventre mou :

De « Sunday Afternoon » jusqu’à « Phosphene Dream ». D’accord, telle partie de guitare, telle intro ou telle rythmique peuvent venir titiller notre intérêt, mais on oscille entre le bof et le bouarf.

Le titre inattendu :

« Telephone », interlude rock’n’roll fun et gueulard.

La conclusion qui conclut :

« The Sniper ». Chose assez rare pour être soulignée, cet album se termine par un titre qui n’est pas là uniquement pour remplir, mais bien pour refermer un ensemble.