Radio Moscow Live : Virtuosité et contrepieds

Live Kicks #10 : Radio Moscow au Clacson

Aller voir les chevelus de Radio Moscow, c’est encore une fois descendre les marches du Clacson avec de hautes espérances, se laisser imprégner par une chaleur très vite grimpante, et faire baisser son rythme cardiaque pour se laisser chambouler par les épopées psychédéliques de ces impressionnants jeunots.

Bon, n’importe quelle personne qui a un jour tenu une guitare est ressortie médusée par la virtuosité et le bon goût du gamin Parker Griggs. Pas la moindre seconde d’ennui dans ses solos, qui ont été autant de chevauchées monumentales, improvisées et imprévisibles.

Quand en plus l’écriture transcende les influences d’illustres aînés pour n’en garder que le meilleur, que la complémentarité du trio opère à plein pour grossir le son et ruer de contrepieds sinueux en ruptures polyrythmiques, galvanisée par la consistance massive de riffs qui frappent aux tripes, ça fait bien plaisir au public. On a donc beaucoup de peine pour ce quinquagénaire bourré qui n’a pas complètement pris la mesure de son éthylisme, et qui s’est endormi dans un coin de la salle quelques minutes après le début du concert. Comme quoi, même quand on porte un T-Shirt Motörhead, on peut ne pas tenir l’alcool.

De notre côté, on s’est laissé gagner par la fièvre distordue d’une performance au cordeau, la moiteur des corps suants et la représentation contemporaine du rock’n’roll des grands espaces.

Easy Rider Style.