Chelsea Wolfe Live : Elégies tortueuses et lueur blafarde

Live Kicks #9 : « When it’s said in the Dark »

S’intégrer aux murs rouges et à la lueur blafarde du Sonic n’est pas donné à toutes les esthétiques. Et pourtant, l’atmosphère de la péniche, entre intimisme et oscillations des flots, s’accorde parfaitement à la musique de Chelsea Wolfe, éthérée et sombre, néanmoins bouleversante.

C’est une silhouette véritablement spectrale qui se détache sur le devant de l’étroite scène. Elancée, mais comme floue dans ses vêtements amples et ombragée d’une chevelure dense et obscure, Chelsea Wolfe nous gratifie de sa voix, perdue dans la brume des filtres et réverbérations, qui nous arrive comme un écho frissonnant.

Et des frissons, il y en a eu face à ces élégies tortueuses, servies par un groupe tout en nuances et subtilités. Autant de chansons qui prennent la forme d’incantations déchirantes, délicatement posées sur un tremblement sourd. Si bien que les problèmes de larsen récurrents semblaient s’imbriquer naturellement dans le superbe ensemble de cette soirée. Dont le spectre réapparaît souvent une fois la nuit tombée.