Nick Cave & The Bad Seeds « Push the Sky away » : Noirceur et Flottements

 

This Is the News #8 : »Look at me now, I’m glowing »

Auréolé d’une carrière faite de bruit et de fureur, de ballades meurtrières et d’hommages déviants, Nick Cave retrouve les Bad Seeds pour un album aux intentions minimalistes. comme si après la parenthèse sauvage de Grinderman, il lui fallait revenir à quelque chose de plus posé.

« Push the Sky Away » est donc un disque de mélancolie sereine, de noirceur vaporeuse et de flottements intenses. Le ténébreux chanteur centre l’ensemble sur sa voix caverneuse, qu’il laisse languir sur des chansons simples aux orchestrations décharnées. Et c’est magnifique. On en connaît peu qui ont eu le courage de dépouiller autant, de prendre le temps d’appuyer chaque syllabe, lentement, et de venir chercher l’émotion sans forcer. Jusqu’à venir remuer les tripes, et relever le défi d’un album plein, sans temps mort mais avec beaucoup de temps forts.

Jusqu’à faire oublier tout le reste, le monde extérieur, son tumulte et ses contrariétés. Tout ce qu’on voit, c’est un artiste qui a réussi à creuser son sillon avec une intégrité rare, en repoussant les cieux et en marquant les mémoires.

Le single qui fait pleurer tellement il est beau :

« Jubilee Street », chronique déchirante avec final à violons. C’est bouleversant.

 

Nick Cave & the Bad Seeds – Jubilee Street from Rokkit on Vimeo.