Jamie Lidell « Jamie Lidell » : L’audace récréative

 

This is the news #9 : « It ain’t something to lead potential »

On se demande à quoi carbure Jamie Lidell. Ce qui le pousse  à changer souvent de direction, ce qui lui inspire un ration considérable d’idées étranges, et surtout ce qui lui permet de porter cette voix limpide sur tout ce qu’il touche. Après être passé par l’électro, la soul et pas mal de choses qu’on pourrait qualifier d’expérimentales, il retrouve l’influence de Prince pour un album un brin racoleur.

Parce que sérieusement, ce nouvel album compte un certain nombre d’offenses au bon goût. De la pochette aux gros synthés, en passant par les ambiances mainstream (tendance Paula Abdul) et les introductions en forme de caricatures tout droit sorties de années 80, il y a de quoi sérieusement douter. Et pourtant… C’est de Jamie Lidell dont on parle. Un artiste exigeant, dont la première qualité est d’être aventureux. Et qui s’offre en fait une belle récréation, qui a d’ailleurs bien dû le faire marrer avec ses sonorités un peu putes et ses choix artistiques navrants.

Au delà de la surface, on se rend en effet vite compte que ces chansons sont terriblement bien écrites, audacieuses dans leur construction, démesurées par certains arrangements et souvent démoniaques d’efficacité. Ce sont des bonbons pop, un peu boursouflés dans un enrobage ultra-calorique, mais qui distillent quand même leur petit plaisir sucré. Un peu coupable. Pas franchement inoubliable. Mais bon pour le moral.

 

Le Single imparable :

« I’m Selfish », le genre de morceau qui semble évident mais dont la mécanique est réglée avec une rigueur minutieuse.

 

L’orgie de kitsch 80’s :

« Big Love », qui gonfle le côté suranné en démultipliant les synthés. Et avec un refrain comme on n’en fait plus.

 

Le titre qui n’a rien à foutre là :

« why_ya_why », titre de piano-bar déglingué et imprévisible.

 

Le titre qui paraît sorti d’un album de Prince :

Tout l’album est imprégné de l’influence du génie pourpre. Mais c’est particulièrement flagrant sur « You Know My Name »