Deerhunter « Monomania » : berceuses et ritournelles bruyantes

This is the News #10 : Deerhunter « Monomania »

 

Année après année, rien ne semble pouvoir arrêter Bradford Cox. Ni la maladie, ni la folie. Ni son corps décharné, ni ses étranges lubies ne l’empêcheront de continuer à livrer des chansons extraordinaires. Que ce soit sous le nom d’Atlas Sound ou avec ses collègues de Deerhunter, personne ne lui arrive à la cheville dès qu’on parle de berceuses déglinguées et de ritournelles bruyantes, de désordre post-traumatique et de mélodies parfaites.

Chaque nouvel opus semble le faire gagner en assurance. Et sur ce « Monomania », l’ensemble du groupe ajoute une ligne supplémentaire à son chapitre dans l’encyclopédie du culte, et s’ouvre peut-être la voie d’une reconnaissance plus large.

L’album est en effet plus puissant, plus charpenté que ce que Deerhunter a pu produire jusqu’ici. Plus rock’n’roll aussi, sans pour autant perdre en sensibilité. Deerhunter évolue sur un fil fragile avec la maîtrise d’un funambule, un équilibre presque surnaturel qui laisse s’épanouir des mélodies graciles sur des sonorités troublantes et distordues. C’est d’une beauté sauvage, envoûtante et surprenante, qui cherche l’apaisement sur des fondations chaotiques.

« Monomania » électrise le cerveau. « Monomania » ouvre l’esprit aux émotions simples et aux interrogations complexes. « Monomania » occupe l’inconscient. Deerhunter est un groupe précieux.

 

La chanson pop dépouillée :

« The Missing », un titre éthéré qui laisse grandir de fabuleuses lignes mélodiques.

 

Le titre à écouter jusqu’au bout :

« Sleepwalking » épopée sublime dont la modulation finale porte des « Can’t you see, we’ve grown apart » déchirants.

 

La rêverie sous antidépresseurs :

« Nitebike », une guitare et une voix dans du coton, c’est suffisant pour nous emmener très loin.

 

Ecoute intégrale :