Junip Live : Crescendos irréels et vertèbres frissonantes

 Live Kicks #16 : « Just to feel alive again »

Il y a des soirs de Septembre où il est bon de prendre son temps pour mieux apprécier les choses. De faire durer ses retrouvailles avec l’Epicerie Moderne. De se rappeler, paisiblement, les moments qu’évoque dans notre mémoire chaque recoin de la salle. Il y des soirs de Septembre, où tout est en place pour se laisser porter par la musique de Junip.

Soit une invitation à la délicatesse, une ode aux progressions aériennes et à la contemplation sereine : José Gonzalez et ses potes étirent le temps et font grandir lentement des chansons finement ouvragées. Les impatients ont vite fait de trouver ça chiant. Mais se ravisent vite en sentant monter ces crescendos irréels et ces mélodies suspendues qui laissent grimper, vertèbre par vertèbre, des frissons de contentement à l’intensité libératrice.

Et pour tous ceux qui ont compris que chaque seconde de douceur lancinante procurait l’élan nécessaire à des envolées stimulantes, cette rentrée musicale fait exploser les indicateurs de satisfaction.

Parce que Junip, c’est bien plus qu’une simple gâterie pour hipster : c’est un chant de rassemblement, un Gospel de la retenue. Quelque chose qui fait regarder un peu plus loin que soi-même. Qui aide à se focaliser sur les choses importantes et les émotions essentielles. Qui attise la bienveillance et aide à contempler la marche du monde avec un peu d’espoir. Donc, à chaque fois qu’on verra le verre à moitié vide, Junip nous aidera à le remplir.