Alela Diane « About Farewell »: Mécanique de la rupture

This is the News #14 : »You left me in the Snow »

Alela Diane n’a pas attendu que les feuilles mortes se ramassent à la pelle pour chanter les amants désunis, ni pour se rendre compte de la fragilité des choses, et en particulier du lien amoureux. Elle livre sans prévenir un disque impressionnant de justesse et de grâce, le bien nommé « About Farewell »

Des chansons sur nos petites abdications, nos regrets contenus et nos abandons permanents. Tout ce qui fait que même à deux, on est bien souvent tout seul. Sans tirer la corde du mélodrame et de la douleur insoutenable, Alela Diane contemple avec une certaine distance, et enchaîne les chansons parfaites, quelque part entre hauteur résignée et volonté affirmée, mais avec une certaine tendresse pour nos failles émotionnelles.

L’orchestration s’aligne sur cette sensibilité subtile : des violons qui enveloppent, un piano qui survole, quelques percussions discrètes, rien de plus, mais c’est déjà tellement. Là-dessus, la voix d’Alela Diane est poignante sans jamais surjouer. Pas de zèle dans l’intention, juste un regard lucide et pudique sur la mécanique de la rupture.

Il y a de quoi verser quelques larmes ou réveiller un élan mélancolique. Il y a surtout dans « About Farewell » de quoi surmonter toutes les afflictions, relever la tête et accepter le sourire aux lèvres que les vents tournent, dans un sens comme dans tous les autres. Le tout sans les effets secondaires du Xanax.

 

L’ouverture qui annonce le ton :

« Colorado Blue », un coup de maître qui met l’auditeur dans la confidence, en douceur, jusqu’à ce final bouleversant.

La rêverie envoûtante :

« Hazel Street », titre brumeux qui réconforte sans se presser.