H-Burns & Bertrand Belin Live : Mécaniques Poétiques

Live Kicks #17  : « Je ne sais plus »

A la mi-Octobre, la langueur de l’automne dégage un terrain propice au plateau de saison proposé par l’Epicerie Moderne avec H-Burns et Bertrand Belin. Soit une affiche qui rappelle à tous les grincheux que la France compte des musiciens qui valent le détour.

Une fois la lumière estompée, H-Burns entame une progression électrisée vers des émotions bien taillées, et propulse ses ballades à trois temps avec une ferveur communicative. Avec le soutien inédit d’une section de cuivre (merci la production!) et une présence sonore affirmée, les chansons prennent de l’ampleur sans rien perdre de leur délicatesse. Appliqué et nuancé, le groupe trouve un équilibre cristallin dans le son. Sincèrement impliqué sans surjouer, il trouve cette justesse dans le ton qui permet aux spectateurs d’apprécier le moment tel qu’il est, vivace et vivant.

Arrive le tour de Bertrand Belin, brillant par les textes, élégant pour tout le reste. Accompagné par un groupe au diapason, toute sa musique fait l’éloge de la finesse : le jeu de guitare souple et volatile, la voix pleine et posée dans une distance pudique, les incursions instrumentales frissonnantes, les caresses rythmiques d’une batteuse à la voix innocente… Une esthétique de la retenue qui tangue au rythme des déhanchements désordonnés du chanteur désarticulé. Et on ne dira jamais assez quel plaisir c’est de voir un artiste s’adresser au public avec un peu d’inventivité, et la volonté affirmée de porter haut la langue française.

Surtout, c’est une belle reconnaissance pour l’Epicerie Moderne de voir que des soirées artistiquement exigeantes peuvent faire salle comble, même si, hélas, on note encore dans la foule certains comportements franchement irritants.